Yeah Yeah Yeahs ‘ Fever To Tell

Les Yeah Yeah Yeahs ont littéralement commencé à faire du bruit au début des années 2000, avec plusieurs EPs d’abord, leur premier album ensuite : Fever To Tell. Le trio new-yorkais brûle tout sur son passage, d’entrée, avec « Rich ». À l’instar de l’illustration crado-punko-arty, la musique des Yeah Yeah Yeahs est pleine de couleurs et de vie, et ne semblait sûrement pas espérer un tel succès critique.
Alors, à qui la faute ?
Sans hésiter, les mélodies (physiquement) accrocheuses, (douloureusement) percutantes, (joyeusement) criée par la leader charismatique Keren O, dont tout le monde ou presque connaît, si ce n’est le visage, la voix.
Au chois, vous adorerez ou détesterez Fever To Tell. Personnellement, sans leur magnifique troisième uppercut que fut pour moi It’s Blitz !, jamais je n’aurais posé mes deux oreilles sur ce disque. En effet, j’avais pourtant commencé par Fever To Tell, qui était sensé prendre la poussière puisque je le trouvai trop… je ne sais pas. Bref, disons « trop ». Ensuite, It’s Blitz ! est arrivé avec sa ribambelle de critiques le plaçant parmi les meilleurs albums de 2010. Le pas est franchi, et je donne une seconde chance au trio. La claque !
Logiquement, Fever To Tell ne peut plus rester loin : il me faut vérifier mes premières impressions. Les difficultés disparaissent peu à peu, pas la sensation de « trop ». Si les Yeah Yeah Yeahs n’avaient évolué, je n’en parlerai ni ne les écouteraient. En attendant, patiemment le prochain.
Pour l’instant, Fever To Tell s’avère à chaque écoute moins abrupte, plus lyrique, donc appréciable. En dépassant le côté primaire, voire animal de leur musique, la beauté humaine de leur composition se laisse dompter.
Je ne comprends toujours pas le statut particulier de cet album qui demeure leur référence et l’une des clés de l’année 2003 ainsi que de la décennie, au même titre que Boy In Da Corner, Is This It ou Kid A, par exemple.
Comme vous pourrez le lire partout, « Maps » en est le morceau clé, une sorte d’œil du cyclone : on sent bien qu’on est au milieu d’un espace en total mouvement de destruction qui ne laisse rien intact, mais la beauté se cache là où on ne la chercherait jamais.
Fever To Tell, c’est les Yeah Yeah Yeahs à l’état brut, comme si Brian Chase, Keren O et Nick Zinner s’étaient eux-mêmes mis en lambeaux à l’époque.

(in heepro.wordpress.com,le 16/04/2012)

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Voir aussi : It’s Blitz !

(in heepro.wordpress.com,le 31/12/2010)

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