Soundgarden ‘ Down On The Upside

Soundgarden Down On The UpsideEn 1996, l’un des groupes références dans les cours d’école restait Nirvana, et d’assez loin. À cette époque-là, le rap balbutiait encore ses premiers maux, même si la vague était belle et bien sous nos yeux. Mais ça, on n’y croyait pas, il y a maintenant quinze ans. Oui, on n’y croyait pas au fait que le rap deviendrait l’un des styles les plus populaires. Les années 2000 ont confirmé tout ça. Ah oui, et Soundgarden dans tout ça ?
On devrait se demander : et le rock ? À un moment, on l’aurait bien échangé contre quelques euros. Aujourd’hui, la réalité est bien rassurante, surtout à l’heure d’un bilan d’une décennie. Le rock s’était peut-être un peu assoupi, reposé, tombé au fond d’un puits qu’il avait lui-même creusé. Le réveil a ensuite sonné.
Bref, de quoi parle-je ? Down On The Upside date de la deuxième moitié des années 90, là où le rock commence à s’enliser, le rap s’imposant de son côté. De plus, c’est le chant du cygne d’un des plus grands groupes américains de cette sa période. Avec cet album, le groupe de Seattle n’oublie pas le grunge, mais fait un pas dans une autre direction quand même : celui du rock bruyant, inspiré, emporté par ses propres émotions. Ce disque est complètement sombre, bourru. Impossible de rentré dedans sans se sentir vider. Heureusement, les quatre bonshommes sont des musiciens aux talents immenses : même si ce disque se vendra à plusieurs millions d’exemplaires (merci encore à l’ombre de « Black hole sun » – d’ailleurs, quel hymne ! L’un des dix meilleurs tubes des années 90 sans l’ombre d’un doute.), il n’est pas sensé être tout public pour autant.
Beaucoup d’expérimentations, dans un album qui dépareille énormément comparé à son prédécesseur Superunknown. L’un des tous derniers points communs avec ce dernier : la voix inimitable de Chris Cornell.
Musicalement, donc, on s’en prend plein la face. On a d’abord l’impression que ça commence avec légèreté, mais très rapidement les chefs-d’oeuvre s’enchaînent : « Rhinosaur » est tout aussi simple qu’efficace, et introduit surtout parfaitement ce moment de pur bonheur jouissif qu’est la balade « Zero chance ».
Il y a des albums qui méritent d’être acheté rien que pour un seul et unique morceau de la trempe de « Zero chance ». Le problème ici : Down On The Upside en possède toute une ribambelle. « Applebite » et son duo piano-batterie envoûtant. « Dusty » où l’on de rend compte du talent des musiciens, aussi bien techniquement que pour les compositions en elles-mêmes ou pour la voix puissante de Cornell évidemment. « Never the machine forever » et son son grungy-grungy qui nous percute en à peine plus de trois minutes ! Bref, chaque morceau propose un voyage sonore dans le petit jardin musical de ce groupe de Rock qui nous manque depuis cette date et qui, s’il revient, ne pourra le faire grandement qu’en réitérant l’immensité de cet opus qui n’a pas pris une ride depuis et qui mérite d’être dépoussiéré pour le plaisir de tout fan de rock. Ou au moins pour le mien, car après tout la musique peut aussi n’être qu’un plaisir égoïste. Down On The Upside fait partie de ces disques dont on a l’impression qu’il n’appartienne qu’à nous. Et moi, je l’aime ce disque.

(in heepro.wordpress.com, le 14/01/2010)

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