Rachel’s ‘ Handwriting

« Search for them, search for them there :
under the wax that buries the word on the page,
the name in the angle of the notepaper… ».
Cette citation de 1929, par le poète espagnol Rafael Alberti, initie le très esthétique packaging de Handwriting, publié exactement 66 ans plus tard.
Le tout premier album de Rachel’s, comptant alors pas moins de seize musiciens (contrebasse, violon, vibraphone, piano, clarinette ou guitare électrique sont quelques uns des différents instruments utilisés sur les sept morceaux), se déploie en 44 minutes.
« Southbound to Marion » ouvre la discographie du groupe américain en douceur, avec un morceau relativement court (trois minutes) ; une très bonne introduction à leur univers, mélangeant parfaitement piano et violon, avant « M. Daguerre » et ses douze minutes, avec cette fois-ci un piano très hypnotisant, pour un résultat très classique, proche de l’univers musical de certains films assez obscures (autant dans leur image que dans l‘ambiance dégagée par le film en lui-même).
Car, oui, avec autant de musiciens, Rachel’s se passe de chant, et se passe de voix tout court. Ce qui fait un bien fou !
« Saccharin » reprend le flambeau pour sept minutes, le piano laissant place aux instruments à vents et à la contrebasse (entre autres).
« Frida Kahlo » laisse revenir le piano, pour une petite pièce plutôt mélancolique, dans laquelle l’instrument se retrouve seul… Deux très belles minutes envoûtantes pendant lesquelles on aurait presque l’impression d’entendre se déplacer les mains de Rachel Grimes sur son piano.
« Seratonin » est un nouveau petit titre où violons et violoncelles occupent l’essentiel de cette interprétation (une nouvelle fois) plutôt contemplative.
« Full on night » est pratiquement le morceau final, de ces quatorze minutes. Les guitares (électriques et double, et basses) ouvrent ce qui nous permet de comprendre, enfin, pourquoi Rachel’s peut être considérer comme un groupe de post-rock. Le piano ne tarde pas à s’immiscer, accompagnant les guitares, puis les laissant seules à nouveau, avant de revenir de temps à autre. La batterie, elle aussi, est un élément important ici, mais ne se fait entendre que lors de moments très précis, lors de petites envolées très rock. « Full on night » est en deux parties de durée sensiblement égales : la deuxième, qui ressemble davantage à une fin de morceau, se traînent, dans une nuit de bruits divers (instruments et programmation), qui nous amène inéluctablement vers la fin de cette écriture musicale.
Cet onirique LP, plus proche de la musique classique que du rock, ne pouvait finir autrement que sur « Handwriting » (deux minutes), petit morceau où les cordes laissent vibrer une ambiance assez morne.
Comme sur le très joli livret accompagnant ce Handwriting, je laisserai Neruda, que le groupe a choisi pour exprimer par les mots sa musique, conclure pour moi de ses propres vers :
« The world is bluer
And of the earth at night
When I sleep
Enormous,
Within your small hands… »

(in heepro.wordpress.com, le 03/10/2010)

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Voir aussi : Music For Egon SchieleThe Sea And The Bells

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