Robyn ‘ Body Talk Pt.1

« Don’t fucking tell me what to do » est une entrée en matière explosive, avec des paroles qui tournent sur elles-mêmes, lancinantes à se damner. Body Talk Pt. I est lancé, sur une production qui l’éloigne de la culture pop traditionnelle. De toutes façons, avec de telles paroles, il n’est sûrement pas question pour la jeune Suédoise de faire dans le consensuel.
Les basses sont assez lourdes, mais pas pesantes. Robyn réussit à se démarquer de l’électronique britannique et de celle du continent, notamment celle menée depuis bientôt quinze ans par le célébrissime duo versaillais désormais robotisé. Elle s’en démarque en en intégrant le meilleur. À aucun moment cela ne ressemble à une parodie de « French touch » ou de « Lady GaGa-ism » ou autre « Madonnism ».
Effectivement, la chanteuse, également blonde, la clame sur « Dancing on my own » : elle n’a besoin de personne pour s’imposer en tant qu’artiste. Et en tant que femme aussi, sur « Fembot », dont on reconnaît parfaitement l’origine du mot, qui n’est pas un néologisme puisqu’on peut en voir dans les films d’Austin Powers.
« Cry when you get older » me conforte dans l’idée que cette musique est très féminine. Féminine, mais pas féministe. Elle s’adresse aux femmes, sans pour autant glisser de barrières entre les « genres » (j’utilise ce terme à dessein).
Le tube providentiel arrive quand résonne le son de Diplo : « Dancehall queen » est étonnant de justesse et précision rythmique et lyrique.
Nouvelle collaboration : « None of dem » reste en Scandinavie, les voisins de Röyksopp rendent la pareille à la chanteuse qui était venue sur « The girl and the robot » dans l’album Junior du duo norvégien. Tiens, ce titre semble avoir eu un écho en « Fembot », non ? Cependant, il n’y ressemble pas une seconde ; il est plus froid, sombre, robotique.
Quelle surprise quand « Hang with me » commence : un piano, du violon, la jolie voix de Robyn. Grandiose ! Effectivement, le titre nous prévient que c’est une version acoustique, mais tout de même. Serait-elle capable d’aller enregistrer Body talk en session unplugged ? J’en mets ma main à couper, et je lui en fais surtout la requête !
En cerise sur un bien joli gâteau, « Jag Vet En Dejlig Rosa » nous rappelle que le suédois est une langue que l’on n’entend jamais, donc pas assez. Et que Robyn partage un lien, c’est certain, avec une certaine petite islandaise. Et, comme elle, elle sort des albums passionnants, qui ont un relatif succès commercial, mais très en dessous de ce qu’ils mériteraient. Deux petites minutes apaisées, et la Suède devient une terre chaleureuse. Pour qui n’est jamais allé de ce grand et beau pays, c’est la meilleure façon de vous en donner l’envie. Sinon, il vous reste les huit titres de ce tout petit album.

(in heepro.wordpress.com, le 10/12/2010)

_______

Voir aussi : Body Talk Pt.2Body Talk Pt.3

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :