Raúl Paz ‘ Mulata

Bien qu’il en ait déjà sorti plusieurs officiellement, Mulata tend à être le premier album de Raúl Paz pour plusieurs raisons : les précédents ne sont plus distribués (son ancienne maison de disque ayant mis la clé sous la porte) et dès lors, c’est Naïve qui reprit le flambeau mais sans pouvoir retourner en arrière pour ressortir ces disques dont les droits semblent perdus pour l’artiste lui-même. À moins qu’il ne les réenregistre un jour… Pour l’instant, peu importe. Voici le chapitre 1 (laissons de côté le préambule) de cet artiste cubain très attachant.
Donc, Mulata sort en France en 2003, enregistré entre Cuba, Paris, Hanovre et Londres, mais entièrement interprété en espagnol puisqu’il s’agit de musique cubaine, pas exactement au sens traditionnel mais néanmoins tout en en respectant les codes. Une sorte d’hommage à la musique de l’île qu’il a quittée, non pour la fuir mais pour pouvoir entrer dans une école de musique parisienne, pour laquelle il apprendra le français en quelques mois seulement. Le talent l’aidant, ce « premier » album est tout a fait incroyable. Effectivement, il n’en est pas à son premier coup d’essai. Mais quelle maturité ! Sans paraître jamais rétrograde ni être trop produit, les douze titres s’enchaînent aussi naturellement que les danses lors d’une soirée parfaitement organisée par le DJ.
Il me faudrait réfléchir un moment pour vous sortir le meilleur titre du disque tant la qualité est homogène de bout en bout. Certes, il y a des morceaux qui vous toucheront encore plus que les autres. Dans sa globalité, c’est un sans faute, qui s’ouvre sur le langoureux « El beso » et s’achève par le sensuel « Amor con amor », en passant par les sexy « Mua mua mua » ou « Apriétala », le sulfureux « Mulata », « Película » et ses accents ragga ou encore le « je t’aime » de « Cariño ». Raúl Paz réussit une orchestration formidablement variée et originale malgré les ambiances tellement familières, et mène surtout « el baile » en véritable charmeur.
Un disque emprunt d’une chaleur rare, et surtout un artiste d’une sincérité qui ne donne envie de rien d’autre que de boire un mojito au soleil couchant… ou près de la cheminée aussi. Quoi qu’on dise sur Cuba et les Cubains, Mulata permet de voir tout le positif de cette île envoûtante.
Comme il le dit presque « a escondidas » à la fin de « Mari y Juana » : « Para subir al cielo se necesita una escalera grande y otra chiquita ». Je ne sais pas ce qu’il signifie là, mais cette phrase est l’exemple même de la poésie de Raúl Paz.

(in heepro.wordpress.com, le 20/01/2011)

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