Serge Gainsbourg ‘ Histoire De Melody Nelson

Serge Gainsbourg Histoire De Melody Nelson« Melody Nelson raconte l’histoire d’une fille aux cheveux rouges, une adorable garçonne […] Cette femme-fleur, âgée d’une quinzaine d’années, sera blessée par une voiture puis démembrée par un cargo de nuit […] Les amours de Serge et de Melody se cachent dans un hôtel-bordel tout droit sorti des poèmes qui ont conduit Baudelaire devant les tribunaux. »

Avec cette citation de Jean-François Brieu extraite de la version de Histoire de Melody Nelson sortie en 2001, soit trente ans après sa sortie originale, il est difficile de feindre de ne pas cerner de quoi va parler Serge Gainsbourg pendant cet album conceptuel construit comme un véritable film audio en sept chapitres. De toutes façons, la couverture avec Jane Birkin, uniquement vêtue de jeans et protégée/cachée par sa peluche ne laisse plus de place au doute.

Écrit et composé par l’artiste lui-même, Jean-Claude Vannier apporta sa précieuse collaboration en co-écrivant deux des morceaux et en se chargeant des arrangements et de la direction d’orchestre (à Londres) sur tout le disque.

Sept titres, environ vingt-huit minutes : le film prend plutôt les allures d’une nouvelle que d’un roman, lui procurant ainsi un impact d’autant plus significatif. Les morceaux d’ouverture et de fin (« Melody » et « Cargo culte ») durent tous deux plus de sept minutes, et se répondent dans un quasi parfait écho ou reflet musical.

Pendant cette narration d’une demi-heure, Melody Nelson est constamment présente, de par l’envoûtement qu’elle fait subir au chanteur. À l’inverse, vous serez surpris de vous rendre compte que son avatar, Jane Birkin, est beaucoup plus discrète, sa présence derrière le micro se faisant l’écho d’une brise légère. Néanmoins, de bout en bout, impossible de ne pas penser à elle à chaque fois que la jeune adolescente est citée par la voix masculine.

Si dans un autre monde j’aurais parlé de ce disque comme je le fais habituellement pour tout autre artiste, ici, en ce bas monde, je m’incline devant cet autel que représentent tant l’oeuvre elle-même que son auteur.

Sorti en 1971 en France, les Etats-Unis durent attendre, eux, 2010 (oui, trente-neuf ans !) pour enfin pouvoir officiellement découvrir ce chef-d’œuvre qui a inspiré tant d’artistes. Je n’en citerai qu’une poignée, de Jarvis Cocker à Agoria et Mirwais, en passant par Tricky ou Seu Jorge, il est encore un modèle grâce à son univers musical touche-à-tout, à son inspiration dans l’écriture de ses textes complètement décomplexée et donc résolument sulfureuse (mais tellement humaine) ou, plus simplement, grâce à son chant se rapprochant d’une lecture (oui, une sorte de spoken-word avant l’heure).

En conclusion, même si tout le monde connaît Gainsbourg, une majorité n’a jamais écouté l’un de ses albums : je vous conseillerai toujours de commencer par deux disques, dont Histoire de Melody Nelson.

(in heepro.wordpress.com, le 07/02/2011)

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Voir aussi :

Serge Gainsbourg {Love On The Beat}

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