Bebe ‘ Pafuera Telarañas

Bebe semble sortir de nulle part quand Pafuera Telarañas est arrivé sur le marché, avec « Malo » en fer de lance. Cette jeune Valencienne, qui grandit ensuite en Extremadure, est pourtant dans la musique depuis pas mal d’années et, surtout, a interprété des seconds rôles dans plusieurs films espagnols qui ont relativement bien marché au niveau national. C’est-à-dire que Bebe n’est alors pas une parfaite inconnue, tout du moins en Espagne.
Le single « Malo » sera le déclencheur de toute une histoire dès lors hors du commun. Ce titre et, par la même occasion, l’album, se retrouveront notamment numéro 1 en Espagne et au Mexique, tout en étant un succès dans quasiment tout le reste du continent américain (anglo-saxon et latin), et Bebe recevra pour couronner le tout pas moins de 5 nominations au Latin Grammy Awards, cas exceptionnel pour une artiste auparavant inconnue (un certain Juanes bénéficia lui aussi de cette même reconnaissance).
En France, c’est également le single « Malo » qui fit de Bebe une nouvelle star de la musique espagnole, bien que le succès ne fût pas colossal, loin de là. Comme si le public français n’était pas capable de savourer des artistes ni français ni anglo-saxons comme il se doit. Tant pis pour lui, et tant mieux pour ceux qui ne s’arrête pas aux Pyrénées. Un comble, alors que nous vivons à une époque soi-disant mondialisée.
Treize titres, que certains ont sans réfléchir comparé à une sorte de Manu Chao au féminin. C’est d’autant plus réducteur que cela montre surtout que nous en sommes à ne pas connaître du tout ce qui se fait en Espagne. Évidemment, le rapprochement n’est pas illogique si l’on remarque que Bebe ne s’enferme pas dans un style protéiforme.
Pour ma part, mes morceaux préférés sont le premier, « Men señara », ainsi que « Siempre me quedara », le bouleversant « Malo », « Como los olivos » ou « Tu silencio ».
Bien sûr, chaque titre possède sa propre puissance, aussi bien musicalement que lyriquement. Des paroles très féminines (et non féministes), avec des thèmes pas forcément tous originaux mais avec un point de vue autre que celui trop éculé d’un homme, cela dans une société espagnole bien plus machiste encore que la nôtre. Surtout, le timbre de voix de Bebe est si proche de celui d’une artiste flamenca, ce qui lui apporte davantage de « potencia ».
Pour les connaisseurs, c’est Carlos Jean qui a accompagné la chanteuse à la guitare acoustique et à la programmation, en plus d’avoir produit l’album. De plus, un certain Paco Ibañez (lui-même né à Valence en 1934) joue de la trompette sur « Ska de la tierra » et « El golpe » !
Enfin, il est évident que comprendre l’espagnol vous permettra de bien mieux cerner l’univers de cette jeune femme qui jamais ne mâche ses mots, malgré un accent du sud inaltérable. Je vous laisse donc chercher de quelles toiles d’araignées elle parle… « Tó lo que hay aki dentro, está hecho con lo que soy ».

(in heepro.wordpress.com, le 06/06/2011)

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