Nine Inch Nails ‘ Pretty Hate Machine

Premier album de l’un des groupes les plus idolâtrés de ces vingt dernières années (demandez à un fan du groupe de vous en parler, vous comprendrez l’ampleur de leur adoration), Pretty Hate Machine est ressorti deux fois depuis 1989 : en version remasterisée à l’occasion de ses vingt ans, avec une nouvelle pochette issue de l’originale et un titre inédit en bonus, et puis l’année suivante, donc en 2010, dans sa version… originale (?) c’est-à-dire non remasterisée. Pour aussi étrange que cela paraisse, je trouve tout même un intérêt à ces deux sorties consécutives : avoir le choix entre le son originale et une nouvelle version qui peut avoir autant de défauts que d’avantages.
Dépassons la question des rééditions et attachons-nous à la musique uniquement. Les dix titres (ou désormais onze) du premier album de Nine Inch Nails ont tous été écrits, composés, interprétés et produits par un certain Trent Reznor (oui, c’est lui qui fera connaître le groupe Marilyn Manson en produisant leur trois premiers albums, lui qui produira un peu plus tard l’un des albums de Saul Williams dans lequel ils reprennent en duo « Bloody Sunday » de U2, encore lui qui composera il y a peu la bande originale du film The Social Network, film sur le plus célèbre des réseaux sociaux). En réalité, il est le seul membre de ce « groupe » qui ne le devient vraiment que sur scène quand il lui faut alors composer une équipe autour de lui.
Rectifions donc : Pretty Hate Machine est le premier album du projet de Trent Reznor. On entend sans difficulté qu’il est sorti dans les années 80, ce qui est tout sauf une épine dans le pied. En effet, le style est résolument industriel, donc teinté de musique électronique en tout point. Malgré tout, et je parle de la version originale, il n’est pas dépassé pour autant, car sa vision est tournée vers l’avenir.
En 1989, le Rock devient de plus en plus décomplexé, depuis quelques années les boîtes à rythmes sont utilisées mais la batterie a repris à nouveau sa place, enfin dans la musique des puristes.
Mais le monde de la musique électronique va croiser celui du rock, ou l’inverse, peu importe. Les règles ne sont plus les mêmes, tout est possible, faisable, imaginable.
Nine Inch Nails résulte de ce nouveau « big bang musical », influencé autant par les monstres tels que Bowie ou des groupes plus underground tel Skinny Puppy. À mi-chemin entre le rock ou le métal et la musique électronique (à la Depeche Mode), cette fusion sonore dite industrielle ou indus cartonnera d’emblée. Pretty Hate Machine ne sera pas spécialement bien classé dans les charts américains, pourtant le premier album de NIN deviendra disque de platine dans l’année suivant sa sortie.
Le début d’une très longue histoire d’amour, pas prête de se terminer tant la progéniture est nombreuse (album, EP, live, DVD ou musique de film).
Difficiles de tomber d’accord sur les moments-clés de Pretty Hate Machine, mais au fil des écoutes je retiens d’abord « Sanctified », « Something I can never have », « Kinda I want you » et « Ringfinger ». Rien de très révolutionnaire découvert aujourd’hui, mais à l’époque, il y avait une certaine audace dans ce que les artistes indus, dont Nine Inch Nails, proposaient. Et l’évolution de la musique de Reznor n’en demeure pas moins révélatrice de cette furieuse envie de faire ce qu’il lui plaît indépendamment des tendances environnantes.

(in heepro.wordpress.com, le 14/12/2011)

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