Robag Wruhme ‘ Thora Vukk

2011 sera l’année où j’ai découvert ce type : Robag Wruhme. Un Allemand au look de joueur de violoncelle (c’est un compliment, je confirme). Mais attention : il est DJ et producteur de musique électronique. Ce qui ne l’empêche pas de concocter des mixes ou compilations aussi bien « club » que des plus reposantes qui soient. C’est d’ailleurs avec son magnifique mix pour XLR8R que j’ai fondu. Ensuite, c’est Thora Vukk qui me saisira. Et nous y voici, justement.
La pochette, d’abord, s’éloigne nettement de celle de son dernier album studio Wuzzelbud ’KK’ : du jaune clairement techno, il arrive à un noir et blanc sépia pour une photo qui nous rapproche plutôt de la musique classique. Ce qui n’est pas une fausse piste, juste une mauvaise indication concernant le chemin le plus court. Mais quand on aime la musique, on se moque de trouver le chemin le plus rapide. Bien au contraire. D’ailleurs, son instrument de prédilection n’est autre que le piano, à bon entendeur.
Robag Wruhme est assurément un esthète sonore, de la trempe des plus grands. Avec une renommée tellement plus infime.
Tiens, j’y pense : moi qui aime tant donner ce conseil, il faudra, un jour, que je me mette à l’allemand ! Car ici, on a un artiste qui ne se renie pas une seule seconde, et n’utilise pas la langue de Wilde mais la sienne, celle de Freud. Résultat : je ne comprends pas les titres donnés.
Pour me rattraper, je comprends si bien l’univers donc la musique de Robag Wruhme que ce langage seul suffit amplement.
Des moments-clés sur Thora Vukk ? Il y en a une ribambelle : « Wupp dek », « Thora vukk », « Bommsen böff », « Pnom gobal » (est-ce réellement de l’allemand ? On dirait presque un langage proche de celui qu’utilisent Autechre ou Aphex Twin pour intituler leur morceaux…), « Tulpa ovi », « Prognosen Bomm » ou encore le final « Ende » qui conclut de la plus douce des façons un album parfaitement calibré de bout en bout.
Il y a cinq ponts ou « Brücke » (ça y est, j’apprends de nouveaux mots !) : des morceaux courts de moins de deux minutes, sortent d’interludes entre les pièces plus longues. Mais ces ponts ne sont pas là pour faire du remplissage : à l’instar de la photo de couverture, le pont permet de passer d’un endroit à un autre, mais est également un nouvel endroit duquel on peut considérer les choses, d’un troisième point de vue.
Avec les premiers albums respectifs de Nicolas Jaar et de James Blake, Thora Vukk permettra à tout réfractaire du genre de se faire une nouvelle idée d’une musique tellement belle et ouverte à tout et à tous. Merci Robag pour cette sincérité, toute en simplicité et sophistication en même temps, et pour la beauté qui en découle. Comme par magie.

(in heepro.wordpress.com, le 21/03/2012)

_______

Voir aussi : XLR8R Podcast 201

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :