Archive ‘ Londinium

Londinium fut clairement un échec commercial à tous les niveaux. Premièrement, parce qu’il était sorti en pleine vague trip-hop et qu’il avait tout pour séduire, notamment en sortant chez Island Records. Ensuite, parce qu’ils (la maison de disque, le groupe, les deux ?!) en avaient complètement raté la promo : en 1996, Portishead avait déjà tout raflé, Massive Attack également, et Tricky poursuivait ses folies dark’o sensuelles avec des critiques dithyrambiques.
Donc, le sort du premier album d’Archive demeure une énigme aujourd’hui, bien qu’il a depuis été réhabilité, même si peut-être pas à sa juste valeur. En effet, le Mezzanine de Massive Attack allait tout dévasté en terme de noirceur, cela seulement deux ans plus tard.
Londinium s’ouvre sur un instrumental parfait, sombre, ravageur et mélancolique à la fois, comme le seront tour à tour les douze autres morceaux suivants.
Sur « All the time », la voix sexy de Roya Arab débarque : oui, il s’agit de la sœur de Leila Arab, plus connu sous son nom de scène écourté de Leila. Le monde de la musique est toujours plus petit qu’on ne le pense !
Sur « So few words », c’est la voix masculine de Rosko John qui apporte le contrepoids parfait à celle de Roya, par sa langueur ou froideur accentuée parce qu’il ne chante pas mais rappe. Un groupe dans l’air du temps, qui ne fait pas tilt, étrange vous disais-je !
À partir du quatrième morceau, un invité de marque déboule, un certain Karl Hyde, de l’un des groupes les plus emblématiques des années 90 : Underworld. Il y joue de la guitare et de la basse. Plus loin, sur trois autres morceaux, la touche « underworldienne » se cantonnera à la guitare, ou bien encore carrément un sample sur « Skyscraper » (ne cherchez pas trop longtemps : il s’agit d’un échantillon de « Mmm skyscraper I love you »).
Les points forts d’Archive ici sont aussi bien les prod, les quelques samples savamment choisis et disséminés (de Be Be and Ce Ce Winans, Jimmy Ruffin, Mandre, Curtis Mayfield, Quincy Jones ou encore Lee Dorsey), mais aussi l’alternance de moments instrumentaux et des voix, elles-mêmes s’entremêlant sans jamais se contredire l’une et l’autre, comme sur « Darkroom », peut-être la plus belle preuve de l’osmose du groupe.
Suite à cet album tout aussi magnifique que raté, le groupe virera de cap dès le deuxième album : dès lors, les fans se définiront en deux clans majoritaires, ceux qui restent exclusivement sur ce Londinium et dénigre le reste de la carrière d’un groupe toujours productif, et ceux qui à l’inverse n’aime que la période post-Londinium. Bien sûr, vous en trouverez qui ne trace aucune frontière distincte dans la discographie d’Archive. Pour l’instant, et depuis que je connais Archive, je fais partie de ceux qui ne sont pas allés plus loin. Sûrement à tort. Mais Londinium me ravit tellement que la chute envisageable derrière me fait trop peur, alors je reste en terres connues, au chaud, sans prendre de risques. Dommage ou tant mieux, je ne sais pas. Mais ce que je sais, assurément, c’est que Londinium est un classique.

(in heepro.wordpress.com, le 23/04/2012)

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