Plaid ‘ Not For Threes

Tout d’abord, faites attention : vous lirez souvent que c’est le premier album de Plaid, alors que six ans plus tôt, en 1991, le duo sortait Mbuki Mvuki (je ne parle évidemment pas des autres projets, parallèles, dont le célèbres The Black Dog initié en 1993).
Les amateurs du style bêtement intitulé IDM (pour intelligent dance music, dont Aphex Twin, Autechre et autres Boards Of Canada en sont les noms les plus connus) connaissent sûrement déjà, et si ce n’est le cas, adhéreront facilement à la musique de Plaid. Pour ma part, ce fut le cas, tant et si bien que rien ne me toucha particulièrement sur l’album, hormis le tout de même magnifique « Rakimou ».
En fait, il m’aura fallu revenir dessus, pour passer outre la déception, d’autant plus grande que toutes les critiques que l’on peut trouver sont unanimement positives, quand elles ne sont pas carrément élogieuses.
Le premier titre, en près de huit minutes, est très bon, de l’IDM parfaite même si somme toute classique. Après, la touche proprement « plaidienne » se fait tout de suite sentir, et tourneront presque autour des quatre-cinq minutes. Cela, dès le deuxième titre, « Kortisin ».
Tout de suite derrière, la musicalité du duo est tellement limpide que par moments ils se permettent de « jouer » littéralement avec les sons, et c’est évidemment un pur bonheur auditif : aussi bien avec « Headspin », « Myopia » qui semble provenir des îles. (Lesquelles ? Celles qui vous font le plus rêver !)
Retour à de l’IDM très efficace avec l’enchaînement « Prague radio », « Fer », « Ladyburst », avant le beau « Rakimou » chanté par la magnifique voix de Mara Carlyle et de tout aussi magiques instruments tels l’accordéon, la guitare et le violon (voix et instruments que l’on retrouve sur quelques autres morceaux également). Le moment de grâce est définitivement atteint ici !
Le suivant, « Ol », est sûrement mon préféré et, pourtant, il ne figure pas sur la version américaine de l’album, puisqu’il a été remplacé par deux autres titres. Je comprends difficilement ce choix.
Le court « Seph » introduit le titre phare de Not For Threes, « Lilith », qui est une collaboration avec Björk. Il faut savoir que si elle sortait la même année Homogenic, ce fut sur la tournée Post qu’elle connut le duo, qui était alors à la programmation lors des concerts. Elle les remercie ici le plus dignement du monde, même si ce n’est pas mon morceau préféré ni du disque, ni de ce que fit l’Islandaise à la même époque.
« Forever » annonce les derniers rayons de soleil, très éblouissants et nous rappelle à la vie, avant « Getting » qui fait figurer une autre personnalité de la musique électronique, laquelle a également travaillé avec Björk en tournée (et c’est probablement là qu’ils se sont connus) : Leila Arab, ou tout simplement Leila, apporte une douceur pleine de sérénité à la musique de Plaid. Le trio fonctionne à merveille !
« Milk » clôt l’épopée, et c’est le plus beau morceau de tous (juste devant « Rakimou » !). Tout simplement parfait pour le mot de la fin.
Peut-être que deux ou trois morceaux sont dispensables et auraient permis à l’ensemble de gagner davantage de cohésion encore, et alors ce très bel album de Plaid aurait-il été un chef-d’œuvre. Peu importe, Not For Threes demeure un rendez-vous obligatoire de chez Warp, de la musique des années 90 et de la musique électronique tout court.

(in heepro.wordpress.com, le 18/07/2012)

 

 

 

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