Roni Size/Reprazent ‘ New Forms

La première fois que j’ai écouté un album de drum’n’bass, ce fut à l’occasion de la découverte du premier album de Roni Size/Reprazent… en 2007, soit dix ans après sa sortie et son couronnement d’un Mercury Prize de 1997.
Malheureusement pour moi, je ne savais alors pas que je possédais une version spéciale, dépourvue du second CD, enlevé des nouvelles versions ! Oh, comment ça ?! Et cela, malgré la présence du chiffre 1 sur le disque (mais nulle part ailleurs).
Donc, sachez que New Forms est bel et bien un double album, avec respectivement 13 et 10 titres sur chaque disque (là encore, j’ai depuis retrouvé une édition double, avec 13 et 9 titres seulement : pourquoi tant de changements ?).
Ainsi, je vais directement aborder New Forms dans son aspect premier, à savoir double. En effet, il y a une logique dans le déroulement des 23 titres du « groupe » formé par Roni Size d’un côté, et le collectif Reprazent de l’autre. Si le premier est un artiste renommé, le collectif l’est moins, en tout cas en dehors des collaborations avec Roni Size.
Ce collectif est composé de DJs, MCs ou producteurs : Bahamadia, Suv, Onallee, Die et Krust. Soit six artistes pour ce projet Roni Size/Reprazent, qui sortira deux albums (le second, In The Mode, sortira en 2000, avec quelques collaborations de renoms).
New Forms fut une petite révolution, l’un des premiers albums de drum’n’bass cohérents dans son intégralité (Goldie ou Photek réussirent également à sortir autre chose que les alors célèbres et faciles compilations). De plus, son titre était, non une prétention, mais une affirmation d’un nouvel état d’esprit naissant dans la musique fini-séculaire. Une affirmation, ou plutôt une définition d’un nouveau genre dont les limites sont tout aussi visibles que l’horizon… mais jamais atteignables donc toujours dépassables.
L’une des difficultés de l’écoute de New Forms est son extrême homogénéité de tonalité. Une homogénéité qui devient vite jouissive car rapidement familière, et tellement pertinente. Si les six artistes peuvent se permettre de très nombreuses idées, ils ne dédaignent pas pour autant la participation d’un guitariste, d’un bassiste ou d’un batteur sur certains titres, ni même ne se gênent d’utiliser quelques samples très judicieusement placés. Par exemple, le dernier morceau du premier CD (ou tout simplement dernier morceau si vous possédez la version simple) reprend un sample d’Everything But The Girl utilisé en leitmotiv.
Au final, un classique de la musique électronique que je conseille très fortement, plus que le chef-d’œuvre Modus Operandi de Photek, mais tout autant que les albums Timeless et surtout Saturnzreturn de Goldie. Évidemment, je ne cache pas que, pour moi, la drum’n’bass n’est pas à écouter en compil’ (malgré, pour me nuancer, le superbe mix de LTJ Bukem, Logical Progression 1, qui part tout de même un peu trop dans tous les sens, ne serait-ce qu’en terme de qualité, les artistes présents n’étant assurément pas tous du même acabit).
En plus, j’adore la sobriété très esthétique de la pochette. Pour l’anecdote, l’on doit cette œuvre aux deux DJs anglais inventeurs de l’acid jazz Paul Martin et Gilles Peterson puisque ce sont eux qui ont signé (et découvert) Roni Size/Reprazent. Pas étonnant, tant New Forms mériteraient d’être reconnu pour avoir imposé le jazz dans la musique électronique. Le jazz qui a presque toujours une prédilection pour les deux instruments que sont la basse et la batterie. Il n’y a pas de hasard en musique.
PS : j’oubliais de dire qu’une version 2008 de l’album existe, intitulé New Forms², comprenant une compilation des morceaux d’origines, remixées et édités à la mode 2008, sur un seul CD. Pour faire de l’argent, et essayer de remettre aux goûts du jour la musique de ce chef-d’œuvre. Très objectivement, les versions initiales demeurent largement supérieures à ce tout de même très beau travail, bien que finalement tout à fait inutile. D’autant plus qu’il semble évident que l’idée leur est venu en 2007 de vouloir célébrer les dix ans de la sortie, et le travail a sûrement été d’une certaine façon hâté, pour ne pas dire bâclé, et sans la moindre considération artistique. Oui, je suis cruel quant aux (mauvaises et malintentionnées) rééditions.

(in heepro.wordpress.com, le 08/10/2012)

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