James Blake ‘ Overgrown

James Blake {Overgrown}Le petit prodige anglais revient avec un second album, après pas mal de singles, EPs et surtout un premier album éponyme unanimement célébré toute l’année de sa sortie. Je vais me répéter, mais James Blake demeure mon plus grand moment de 2011, presque par hasard tant je ne pensais pas que les quelques louanges ici et là deviendraient miennes, moi aussi, alors même que personne n’a jamais trouvé que ce premier LP était un chef-d’œuvre. En effet, il s’agit simplement d’un excellent album, parfaitement maîtrisé de bout en bout par son interprète et chef d’orchestre.
À peine Overgrown sorti, me voici déjà à le disséquer. N’allez pas croire que je me précipite, j’ai passé la semaine dernière à l’écouter bon nombre de fois, dans sa version dite Deluxe (et son petit titre bonus).
Je vais tout de suite zappé le dernier morceau, « Every day I ran », que tout le monde n’entendra pas forcément car il ne figure pas sur les versions CD et vinyle : il s’agit d’un morceau samplant un titre de Big Boi (moitié de OutKast), qui est plus à prendre comme une expérimentation de James Blake, à moins que vous n’aimiez un minimum le hip-hop et alors vous l’apprécierez à sa juste valeur.
En cinq minutes, « Overgrown » ouvre magnifiquement le bal et nous rappelle d’entrée tous les talents que nous avions décelés sur son premier album ou même sur l’EP Enough Thunder que je trouve dorénavant quasi parfait. Les productions suivantes poursuivent dans le même esprit, celui que Blake avait adopté en 2011 et développe encore ici ; pas de James Blake 2, mais bien une digne suite, plus mature, toujours aussi électronisée, avec du piano, une voix désormais reconnaissable entre mille, mais toujours au-delà de quelque registre commercial. Teintée de moments dub, soul, rhythm’n’blues (oui, je snob le r’n’b), ce n’est toujours pas une oeuvre facile d’accès. Voilà peut-être bien le seul défaut flagrant de cet artiste : il reste hermétique, malgré son écriture pourtant si simple.
« Take a fall for me » invite RZA derrière le micro, pourtant celui-ci est davantage connu pour ses productions que ses talents de rappeur. D’abord, je n’avais pas compris pourquoi il avait inclus un duo, après celui avec Bon Iver qui est pour moi le talon d’Achille d’Enough Thunder. Ensuite, après quelques écoutes, cet avis a été renforcé, RZA ne s’imposant pas dans l’univers glacé de Blake. Enfin, je trouve finalement que le duo fonctionne parfaitement, chacun sachant trouver sa place pour mieux se compléter et s’accompagner mutuellement. Le temps d’ouvrir mon esprit…
Deuxième collaboration : « Digital lion », avec le grand Brian Eno, dans une ambiance très planante, « à la Eno », et pourtant les rythmes et la (les ?) voix de Blake ne dissonent à aucun moment.
Il paraît que James Blake a également travaillé avec Drake et Björk ? Peut-être réserve-t-il une surprise d’ici la fin de l’année. En attendant, en trente-huit minutes seulement (comme pour le précédent, sauf si vous possédez la version vinyle), l’Anglais réussit encore une fois à toucher sa cible dans le mille, sans chercher la moindre grandiloquence. À mon avis, Overgrown risque de beaucoup tourner pendant l’année à venir… mais détrônera-t-il dans mon cœur le premier ? J’en doute, mais je ne peux pas dire non plus qu’il n’arrivera pas à réitérer l’exploit tant certains titres me font déjà « triper » !

(heepro.wordpress.com, le 08/04/2013)

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