Depeche Mode ‘ Delta Machine Deluxe Edition

Parler d’un album de Depeche Mode n’est pas une chose aisée, et l’est même de moins en moins. Pour preuve, je continue de découvrir Sounds Of The Universe dont j’ai vraiment enfin percé de nombreux secrets (ou difficultés). Pour autant, je pense déjà pouvoir affirmer que Delta Machine lui est supérieur sur bien des aspects, de même qu’il me semble bien plus ambitieux que celui-ci et son prédécesseur Playing The Angel. En somme, l’un de leurs albums les plus efficaces depuis longtemps (surtout qu’Exciter, que j’aime beaucoup, divise énormément).
D’un point de vue purement matérialiste, les fans seront contents de cette Deluxe Edition très épurée, après la Deluxe Box du précédent ou la simple version double de Playing The Angel. En effet, Delta Machine se trouve à mi-chemin entre les deux avec un packaging type livre, incluant 28 pages de photos avec paroles et un second disque de titres supplémentaires. En somme, rien d’extraordinaire et en même temps, tout est parfaitement calibré et dès lors pertinent. Le superflu a été oublié. Ce qui annonce la musique.
Musicalement, donc, Delta Machine a été annoncé et se révèle effectivement teinté d’ambiances blues (écoutez donc « Slow »). À l’inverse, quelques érudits sont allés jusqu’à y trouver des similitudes un peu trop prononcées avec Songs Of Faith And Devotion, sorti il y a vingt tout rond. Certes, les guitares de « Goodbye » résonne absolument du souvenir de « I feel you », mais le parallèle, aussi évident et assumé soit-il, ne doit être pris que comme un clin d’œil très flatteur à l’un de leurs morceaux emblématiques. J’ai commencé par la fin et préciserai ainsi que ce morceau de clôture est parfaitement à sa place et bien intitulé. D’où le fait que les titres bonus n’aient pas été inclus à sa suite. Le respect de l’œuvre est gardé, comme ce fut le cas pour le précédent.
Retour à la case départ, avec le tout aussi bien nommé « Welcome to my world », à ne pas prendre au pied de la lettre bien sûr (ce serait ironique pour un treizième album !) mais dans la lignée des textes écrits par Martin Gore, dont les sujets de prédilection restent inchangés, pour notre plus grand plaisir. La musique est très influencée me semble-t-il par le travail de Martin Gore avec Vince Clark l’an passé avec leur album commun Ssss (sous l’acronyme VCMG). Seul le refrain se repose un peu, plus pop, mais le reste est tout bonnement énorme et très club. « My little universe » est plus posé mais également assez proche de VCMG dans la façon d’aborder les choses.
Suivent les déjà connus car sortis en amont « Angel » (alors baptisé « Angel of love » à l’époque de sa publication fin 2012) et « Heaven », ce dernier me paraissant désormais vraiment très bon et même carrément l’un des meilleurs ici. Dave Gahan chante merveilleusement dessus, comme je m’y attendais depuis sa collaboration avec le groupe Soulsavers l’an passé, et c’est au final une chanson faussement naïve.
La grande forme de ce dernier apparaît plus éclatante encore lorsqu’il s’agit de ses propres compositions (coécrite avec Kurt Uenala) : « Secret to the end », « Broken » (et son refrain envoûtant) ou encore « Should be higher » sont d’excellents morceaux et font plus que de l’ombre aux autres, œuvres de Martin Gore. Même constat sur le disque bonus, avec deux autres chansons de Gahan (« Happens all the time », très bon mais peut-être un brin naïf et « All that’s mine », également en face B de « Heaven ») et, surtout, la seconde collaboration entre les deux compères, après celle figurant également en bonus sur le dernier album, « Long time lie », mais sans indication précise : est-ce à nouveau une musique de Gore sur laquelle Gahan aurait ajouté des paroles ? Je pense que oui ; en tout cas, ce n’est pas très passionnant et se retrouve logiquement en dehors de l’album.
Avec « The child inside », c’est cette fois-ci au tour de Martin Gore de se lancer au chant (alors qu’il n’est qu’au second plan sur quasiment tous les titres, faisant les chœurs). Un très bon morceau, qui rompt cependant un peu avec le précédent « Broken » et le suivant « Soft touch/raw nerve », plutôt énergique. Parc contre, sur le bonus « Always », Gore s’y donne à cœur joie, et ce titre aurait parfaitement eu sa place sur l’album.
« Alone » est un super morceau, à la fois planant et délicat. Le second single, « Soothe my soul », est parfait pour animer les foules, c’est assurément le titre le plus grand public du disque, même si l’on reste loin des tubes d’antan.
Malgré la tiédeur des critiques un peu partout, Delta Machine est une très grande réussite, plus dynamique que le précédent, plus ambitieux que Playing The Angel, et même réellement plus excitant qu’Exciter.  Je l’avais prédis, en l’espérant plus qu’en y croyant : Depeche Mode est ici en très grande forme, plus de trente ans après leurs débuts.

(in heepro.wordpress.com, le 22/04/2013)

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