Buika ‘ La Noche Más Larga

Certes, son dernier album studio remontait à 2009, mais il ne faudrait pas oublier En Mi Piel, sorti en 2011. En effet, Concha Buika figurait sur la bande originale du film La Piel Que Habito de Pedro Almodóvar, d’où le titre de cette compilation disponible en version simple ou double. Inutile de vous dire que la seconde, en deux CDs, mérite mille fois plus votre attention, grâce à ses nombreux inédits qui nous permettaient alors d’avoir une sorte de petit album pour patienter, ainsi que des titres issus de ses premiers albums comme s’il s’agissait d’une compilation best of (ce qui n’est qu’à moitié le cas) et des titres enregistrés en live, voire même des duos notamment avec Seal. Vingt-six chansons au total, dont « Sueño con ella » et « Como era », également présents ici, sur le nouvel album La Noche Más Larga. À noter que celles-ci sont radicalement différentes sur le nouvel album, car totalement revisités donc réenregistrer pour l’occasion.
Certains critiques parlent déjà de son chef-d’œuvre, ce qui est un peu tôt à dire. Laissons-lui le temps de vieillir un peu, il n’est tout de même sorti que début juin. Cependant, ce commentaire, je vais m’en rapprocher car les premières écoutes permettent effectivement d’entrapercevoir un disque somptueux, en tout cas au moins dans la lignée de ses dernières productions, ce qui serait déjà superbe. Pour ce qui est d’en prédire un succès plus large que les précédents, cela sera peut-être la cas car c’est effectivement un disque davantage tourné vers la scène internationale, mais rassurez-vous, sans pour autant renier aucun de ses amours : du flamenco au jazz, en passant par la « chanson » ou la musique cubaine.
Toujours aussi sensuelle sur les photos, Buika ne l’est pas moins quand elle chante. En presque une heure pour douze morceaux parfaitement choisis, parmi : des compositions de l’Espagnole, et des reprises. J’ai déjà quelques préférences, malgré la grande homogénéité des chansons qui possèdent toutes une subtilité, un soupçon de charme. Déjà mentionnés plus haut, certes, « Sueño con ella » et « Como era » n’en sont pas moins splendides toutes deux. Ajoutons à cela une reprise incroyable de Jacques Brel, « Ne me quitte pas » est ici accompagné d’une instrumentation aussi innovante qu’ambitieuse ; un moment magique ! Mais je vais m’arrêter ici, car, pour être sincère, il me faudrait nommé chacun des neuf autres titres pour telle ou telle raison. Je me contenterai alors de citer les différents artistes repris : dans l’ordre, le pianiste légendaire cubain Ernesto Lecuona, le chanteur et pianiste argentin Rodolfo « Fito » Páez, encore un Argentin avec l’artiste Dino Ramos, Billie Holiday et son cultissime « Don’t explain », à nouveau un Argentin avec le chanteur et guitariste Roque Narvaja, en terminant par une reprise en anglais de l’Américaine Abbey Lincoln. Un mariage réussi d’horizons aussi proches qu’éloignés, avec l’aide de ses collaborateurs de longue date Iván « Melón » Lewis et Ramón Porrina à la production.
La Noche Más Larga a pourtant un talon d’Achille, très vite perceptible : c’est un album que l’on souhaiterait entendre durer des heures durant… et qui finit vite par tourner en boucle sur la platine. Attention donc, il est grandement enivrant, et une addiction est même à craindre, car Buika est de toute évidence l’une des plus grandes chanteuses de notre époque.

(in heepro.wordpress.com, le 17/06/2013)

_______

Voir aussi :

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :