Kanye West ‘ Yeezus

Depuis le temps qu’il fait parler de lui, il y a évidemment eu pléthore de moments propices à ce que je m’intéresse à sa musique. Notamment, il y a trois ans, avec la sortie de son chef-d’œuvre My Beautiful Dark Twisted Fantasy. Un album qui figurera assurément sur le podium de la décennie pour bon nombre de sites ou magazines musicaux. Car oui, comment ne pas s’intéresser à une telle trajectoire artistique ? Du hip-hop, dirons-nous plutôt classique, c’est-à-dire dans l’ère du temps, à la musique d’avant-garde qui se moque d’absolument de toutes les conventions préexistantes pour ne faire qu’une seule chose : en imposer de nouvelles, pour se les appliquer à lui-même.
Un sample d’Aphex Twin et une pochette incompréhensiblement censurée plus loin, Kanye West revient avec son sixième album, avec un visuel cette fois-ci inchangeable par quelque lobby que ce soit : la virginité presque absolue pour Yeezus, comme une poignée d’artistes avaient déjà oser le faire (Aphex Twin, Massive Attack…) pour mon plus grand mécontentement, alors même que les ventes musicales physiques ne font globalement que décliner. C’est injustifiable autrement qu’artistiquement parlant.
Je ne suis toujours pas fanatique de la voix de Kanye West. Je m’y ferai peut-être. En attendant, sa musique, elle, possède suffisamment d’audace pour m’intriguer au plus haut point. Le problème ? Il y a beaucoup (trop) d’ambitions exposées, et c’est justement le seul point négatif chez l’Américain. Il faut s’accrocher pour ne pas se laisser distancer par ce que l’on nous balance dans les oreilles. C’est pourtant un signe distinctif chez les très peu nombreux et véritables « grands » artistes. D’une certaine façon, j’ai l’intuition qu’il est une sorte de Björk de la musique hip-hop, osant tout ce qu’il lui est possible de faire, son imagination étant semble-t-il sans limites.
De toutes façons, qu’ajouter sur un type qui intitule une chanson « I am a god » ? Rien.
Bonne découverte ! Cela, je le dis pour vous comme pour moi. Pour moi justement, la suite consistera à retourner en arrière, vers son précédent album, pour réessayer d’en percer quelques mystères suite à mes essais infructueux, ou plus exactement, de véritables fracas.
En conclusion, vous l’aurez compris, seule l’audace permet d’être qui l’on doit être. Kanye West n’est le sosie de personne. Il est Kanye West, point. Peu sont ceux qui peuvent prétendre lui arriver à la cheville. Malgré tout, il se ferme la porte de nombreuses audiences, car il n’est logiquement pas un instant consensuel. L’audace a ce prix. Mais les louanges, elles, ne s’achètent pas. Elles lui tombent dessus, comme la pluie, au beau milieu d’une sécheresse qui touche la majorité des artistes qui aimeraient posséder un soupçon de son génie.

(in heepro.wordpress.com, le 18/06/2013)

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