Stromae ‘ Racine Carrée

Stromae {Racine Carrée}Impossible en fin d’année 2013 de ne pas revenir sur Racine Carrée, probablement la deuxième plus grosse vente de l’année derrière Random Access Memories.
Parce que c’est de toute évidence l’album francophone le plus abouti, le plus clinquant, le tout couronné d’un succès critique et commercial aussi énorme qu’imprévu. Oui, même les Daft Punk ne peuvent pas s’en vanter puisque, s’ils sont français, ils n’utilisent pourtant jamais leur langue maternelle (mais ils demeurent cependant les plus grands ambassadeurs d’une « touche française » tout à fait réelle).
Le Belge sort ainsi un second album sans concession, c’est une évidence. Que dire des deux premiers extraits « Papaoutai » et « Formidable » ?
Stromae rend un splendide hommage à la récemment disparue chanteuse capverdienne, la « diva aux pieds nus » Cesaria Evora. En effet, l’Afrique n’est jamais loin de toutes façons avec lui, que ce soit dans ses paroles ou dans ses musiques.
Sur « Moules frites », titre de prime abord improbable, même pour un Belge (surtout pour un Belge !), le premier degré semble donner raison aux détracteurs de Stromae. Une fois percée la fine épaisseur de sa prose, ça devient l’un des grands moments de Racine Carrée.
Les ambiances changent, de l’électronique (« Sommeil », « Merci» ou « Ta fête » qui est vraisemblablement une seconde partie à son tube « Alors on danse » qu’il ne renie donc pas et nous rappelle ici) au rap plus conventionnel (« Carmen » ou l’horreur « Avf » en trio avec Orelsan et Maître Gims, ce dernier expliquant à lui seul la raison de mon dégoût écoeuré), ou de belles mêlées des deux genres (« Bâtard »), ou encore des œuvres à mi-chemin entre les racines africaines de Stromae et les sons plus caribéens (« Humain à l’eau »).
Les thèmes sont souvent tristes, sombres, malgré un second degré qui peut permettre de parfois faire semblant de ne pas tout comprendre. Mais pendant le refrain de « Quand c’est », impossible d’être aussi lâche.
L’un des moments les plus intenses, pour moi, est paradoxalement celui où Stromae n’est plus qu’un musicien : « Merci » est si vibrant que l’on se rend compte qu’il n’est pas qu’un chanteur ou rappeur (choisissez, hein !) mais un putain de compositeur. Si la vague continue ainsi, lui et les Daft Punk finiront pas collaborer, j’en mettrais ma main à couper.
En somme, Racine Carrée est un album terrible, non dépourvu de moments plus anecdotiques et il faut absolument zapper l’épouvantable onzième et dernier morceau, d’autant plus mauvais et inutile qu’il nuit à la pertinence de « Merci ». Certes, il y a de toute évidence un aspect racoleur dans cette collaboration, ça se sent à mille lieues. Bref, sans avoir réussi un chef-d’œuvre, Stromae est un tel personnage, sorte de dandy charismatique et humble à la fois, et à voire sur scène !, qu’il est déjà forcément ma découverte de 2013.
Au fait, vous ai-je dis à quel point « Avf » est horrible ?
Au fait, vous ai-je dit à quel point « Merci » est grandiose ?
Avec une telle classe, Stromae, ton pseudo de maître te va définitivement comme un gant.

(in heepro.wordpress.com, le 29/09/2013)

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