The Chemical Brothers so far : 1995-2011

Huitième album annoncé pour le mois de juillet, un premier extrait il y a quelques semaines, un second – un clip réalisé par Michel Gondry et avec Q-Tip au chant – il y a quelques jours, les Chemical Brothers font donc reparler d’eux.

« Sometimes I feel so deserted » m’a laissé de marbre à la première écoute, heureusement la suivante a été plus probante. Idem pour la vidéo de « Go », dont les images de Gondry ne m’ont pas sublimé, de même la prestation de Q-Tip me paraît – pour le moment – en dessous de celle de 2004. On verra cet été ce que dit Born In The Echoes, qui nous met tout de même l’eau à la bouche avec la présence de Cate Le Bon, Ali Love, St. Vincent (!) et Beck (!!) En attendant, retour en sept albums et une musique de film pour l’un des plus grands duos électroniques de tous les temps, qu’on le veuille ou non.

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Chemical Brothers Exit Planet DustExit Planet Dust marquait le point de départ d’une musique emblématique des années 90 : un gros son, appuyé par de très lourdes batteries, des samples bien sûr, et des artistes invités au micro. Ici, la chanteuse anglais Beth Orton et Tim Burgess de The Charlatans. Un premier album qui, tout de suite, détonne et cartonne. La fusée est lancée. Et puis c’est aussi leur plus belle pochette sans hésitation. S’il n’y avait eu qu’un seul album, on se souviendrait encore forcément des Chemical Brothers.

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Chemical Brothers {Dig Your Own Hole}Bien sûr, après un succès, dès le début, ça peut vite devenir une difficulté. Un obstacle même. À surmonter. Et ce fut chose faite – selon tout le monde, sans exception -, avec un Dig Your Own Hole énorme, dans tous les sens du terme. Tellement énorme que je ne peux l’écouter. C’est le paroxysme, le climax du son big beat qui fit fureur à la fin des années 90. Pour autant, donc, si je ne peux l’écouter, il y a quand même des moments qui me glacent : « Elektrobank » et son clip signé Gondry (déjà lui) ne m’avait absolument pas convaincu. J’étais trop jeune, probablement. Pourtant, c’est bien une tuerie et, vous l’aurez deviné, les beats sont totalement maîtrisés. Depuis, j’apprécie comme il se doit le travail du réalisateur français. Hormis les samples, notons la participation de Noel Gallagher, le DJ new-yorkais Kool Herc et, à nouveau, Beth Orton. Enfin, je vais presque me répéter, mais il s’agit encore une fois d’une pochette devenue culte, davantage que la première.

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Chemical Brothers SurrenderOn ne change pas la recette, mais les plats évoluent quand même. Les beats oppressants ont un peu cédé du terrain, pour mon plus grand bonheur. À l’instar du premier, cet album retrouve un côté pop qui divise en quelque sorte les fans : certains disent que c’est leur chef-d’œuvre, d’autres y voient une baisse de régime. Je serais plutôt de l’avis des premiers, et en même temps je réussis facilement à comprendre les déçus qui auront tout de même encore Dig Your Own Hole à se mettre sous la dent à la moindre rechute. Côté participation, Noel Gallagher revient à la charge, le grand Bernard Sumner au chant et à la guitare (de Joy Division puis New Order), Bobby Gillespie (tout droit sorti de Primal Scream), Jonathan Donahue de Mercury Rev et la Mazzy Star Hope Sandoval. Beaucoup de beau monde, et des titres qui frôlent parfois l’extase. Surrender est l’album parfait pour rentrer dans l’univers des Chemical Brothers.

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Chemical Brothers {Come With Us}Nouveau millénaire pour le duo anglais et un quatrième album qui sera synonyme de continuité et simplicité mais sans nouveauté ni originalité, Come With Us fut aussi mon premier Chemical Brothers. Il est très appréciable, avec des passages qui, comme souvent, frôlent l’extase (encore : la preuve, écoutez « It began in Afrika »). « Star guitar » est aussi un splendide moment, dépourvu de voix et tout en légèreté. Pour l’histoire, un certain Richard Ashcroft (tandis que The Verve s’était, encore une fois, séparé…) et la désormais fidèle Beth Orton. Un album assurément à ne pas négliger.

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Chemical Brothers {Push The Button}« Galvanize » est une bombe, de sept minutes, entonnée par un Q-Tip en forme. Qu’on le préfère en solo ou, nostalgiques, avec A Tribe Called Quest, cela reste un moment-clé de sa carrière. Et ce n’est sûrement pas un hasard si on le retrouve cette année… Tim Burgess revient aussi, de nouveaux Charlatans font leur apparition (Anna-Lynne Williams et Jon Brookes), le Bloc Party Kele Okereke, le rappeur Anwar Superstar et les rockeurs The Magic Numbers. Push The Button réussit le pari de mêler tout ce que savent faire Tom Rowlands et Ed Simons, mais on commence à se rendre compte d’une chose, les Chemical Brothers ont un savoir-faire qui est vraisemblablement lié à la fête.

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Chemical Brothers {We Are The Night}We Are The Night a lui aussi eu son lot de petits tubes, dont un certain « The salmon dance », très rigolo, avec une prestation mémorable du rappeur Fatlip (de The Pharcyde). Dans le même style, ou presque, « Battle scars » est très bien construit. Mon préféré demeure possiblement « Do it again ». De même, j’ai un petit faible pour « The pills won’t help you now », la voix de Tim Smith (de Midlake) me faisant, de façon erronée, penser à Radiohead époque The Bends… Les Anglais Klaxons sont présents sur « All right reversed ». Ailleurs, il y a aussi les musiciens Lightspeed Champion et Ali Love. Peut-être pas l’album qui marquera leur discographie, néanmoins, les Chemical Brothers n’ont pas encore fait de faux pas, et savent divertir.

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Chemical Brothers FurtherUne chose est sure : Further est l’album le plus électro du duo. Huit titres, pas d’invités comme à l’accoutumé. Une envie de retourner à l’essentiel. L’essence des Chemical Brothers est là. Pourtant, c’est un album inattendu. D’une certaine façon, la première véritable déception pour pas mal de monde. Mais c’est une erreur : il s’agit de toute évidence de faire oublier leur côté pop, ou commercial – les deux – pour mettre en évidence leur seconde facette : celle de la nuit, de la folie, comme l’attestera très justement un album live quelques temps après (Don’t Think, en 2012). Un album improbable, nécessaire, déroutant, jouissif.

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untitledOn devine à peine, avec Further, que les Chemical Brothers sont sur le point de publier une bande originale intégrale pour un film. Avec Hanna, c’est pourtant le cas. Et même si le disque passera pour tout sauf un album du duo, il en possède cependant tous les charmes. Bien sûr, il y a vingt morceaux, plus ou moins courts. Ce qui en facilitent ou non l’écoute, c’est selon. Mais il possède de très bons passages, dont un leitmotiv qui me touche (« Hanna’s theme »), ainsi qu’un diptyque « The devil is in the details »-« The devil is in the beats » qui me laissent espérer qu’il se peut que les Chemical Brothers aient encore des choses à dire. En toute humilité.

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(in heepro.wordpress.com, le 08/05/2015)

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