Francesca Belmonte ‘ Anima

Francesca Belmonte {Anima}Francesca Belmonte, ou la protégée de Tricky.
Difficile de faire une autre entame pour introduire le premier album de la chanteuse. En effet, suite à ces multiples participations vocales sur chacun des trois derniers albums du Kid de Bristol (qui, au passage, voit s’approcher la cinquantaine), et alors qu’on peut notamment entendre la voix sur neuf (!) des quinze titres de l’album False Idols, Francesca Belmonte vole enfin de ses propres ailes. De ses propres ailes, certes, mais Tricky ne reste pas loin. Mais alors, pas loin du tout. D’ailleurs, après ses deux albums perso (False Idols en 2013, puis Adrian Thaws en 2014), c’est la première publication d’une autre artiste sur son label, judicieusement nommé False Idols.
Anima s’ouvre très joliment, à la guitare, cela de façon très distincte si l’on n’arrive pas à oublier Tricky, chose qui ne sera assurément pas aisée par la suite.
En fait, si l’on ne peut oublier la présence de Tricky, c’est bien parce que l’on ne peut que se rendre compte de tout son travail en production, et en composition, sur l’album. On le sait, il a toujours su mettre en avant les autres – pensons à Björk, Neneh Cherry, Martina Topley-Bird, Terry Hall, Alison Moyet, Alison Goldfrapp ou encore PJ Harvey – ou garder une place dans l’ombre, sachant habilement s’effacer – que ce soit sur ses propres albums ou pendant ses débuts au sein de (ou, plutôt, en gravitation autour de) Massive Attack.
On se sent tout de suite après l’intro (qui est l’oeuvre de son frère Pepe) en terrain connu, et ceux qui auront su apprécier les deux derniers albums de Tricky ne pourront qu’être ravis. Pour ceux qui, éventuellement, avaient eu du mal avec les changements d’ambiances parfois abruptes (que, personnellement et sauf exceptions, j’apprécie particulièrement), ils seront également heureux de l’homogénéité qu’apporte Francesca. Car n’oublions pas qu’il s’agit de son album, à elle. Et si Tricky chante ici ou là, derrière elle, ou superposant sa voix à la sienne, c’est bien elle qui permet d’unifier et personnaliser l’ensemble des compositions d’Anima.
Parmi les morceaux choisis pour faire découvrir l’album avant sa sortie, « Hiding in the rushes » vaut en particulier le détour. De plus, il s’agit du premier titre après la brève ouverture instrumentale.
On s’éloigne un peu, mais pas trop non plus, de la rudesse de Tricky, on s’approche un peu, mais pas trop non plus, d’une musique plus commerciale : la complicité entre les deux artistes atteint une certaine cime, une symbiose.
La voix de Francesca Belmonte s’exprime pleinement sur « Joker » – on croirait presque entendre Adele ! – et « Brothers & sisters » est un autre moment de grâce.
Il n’y a, par ailleurs, aucune prise de risque, avec des titres qui avoisinent tous les trois minutes, mais la production est systématiquement impeccable, et le chant de Francesca Belmonte parfait.
Anima est autant une réussite qu’une surprise. Les deux sont le résultat d’une envie de nous faire plaisir, et c’est le cas de la première à la dernière seconde. A noter : la présence de Mykki Blanco, coauteur ici, sur « Keep moving ».
Tiens, et si c’était le meilleur des albums sortis sur False Idols ? À bon entendeur…



(in heepro.wordpress.com, le 02/06/2015)

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Voir aussi :

Tricky {Valentine Andy Stott Remix} Tricky {Nicotine Love}Tricky {Silly Games} Tricky {Adrian Thaws}

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