Goldfrapp so far : 2000-2013

Si bon nombre de revues et sites spécialisés a vite eu fait de les enterrer dès leur second album, les mélomanes, eux, ne se sont pas laissé tromper : Goldfrapp est un groupe comme il en existe peu, prêt à tout remettre en question d’un album à l’autre. En voici la preuve, en six albums, pour une discographie à ce jour (presque) parfaite à mes yeux.

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Goldfrapp {Felt Mountain}Les années 2000 commencèrent en beauté d’un point de vue musical. Sans aller jusqu’à lister les albums essentiels voire fondamentaux sortis cette première année du 3ème millénaire, en voici l’un des représentants sans l’ombre d’une contestation possible : le duo anglais, composé de Will Gregory et d’Alison Goldfrapp, qui signa dès Felt Mountain une pierre angulaire de la musique électronique (et même pour certains, du trip-hop, alors déjà presque en voie de disparition).
L’artiste Pedro Almodóvar ira même jusqu’à les citer comme référence pour son film de 2002 Hable con ella (Parle avec elle en France). En effet, rien de surprenant à ce qu’un réalisateur soit touché par leur musique, puisqu’elle-même s’inspirait de celle de compositeurs de musiques de films tels Ennio Morricone ou John Barry (écoutez « Pilots » et son ambiance indubitablement à la James Bond) voire directement de films : ainsi, le barré « Oompa radar », tout droit sorti d’une fête foraine, tire son inspiration de Cul-de-sac de Roman Polanski. […] Lire la suite

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goldfrapp-black-cherryPour leur second album, suite au succès immense du premier, le duo anglais a carrément viré de bord. En effet, les premières écoutes de Black Cherry sont aussi détonnantes qu’étonnantes. Pourtant, bien loin de renier leurs débuts, ce nouvel album enfonce le clou encore plus loin, ne cherchant jamais à lui ressembler ou à en être une suite, comme il aurait très facile pour Goldfrapp d’en (re)faire une. Musicalement toujours aussi ambitieux, même si assurément moins risqué, et vocalement également toujours aussi envoûté et envoûtant, en 2003 le duo anglais était bel et bien au sommet de sa forme, comme en atteste par exemple l’éponyme « Black cherry ». Et Alison sait qu’être sexy ne peut être qu’un plus pour elle et pour Goldfrapp. À noter la participation de l’artiste américain Mark Linkous (il était alors plus connu sous le nom de Sparklehorse) sur « Train ».

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goldfrapp-supernatureBien entendu, ce ne sera pas avec Supernature que les choses allaient changées : non, Felt Mountain ne sera jamais égalé, mais il ne s’agit toujours pas pour le groupe d’oublier leur trajectoire. Supernature semble retrouver la noirceur des débuts, tout en y incorporant l’éclat de vie du second album. En somme, Goldfrapp ne quitte pas les cimes atteintes dès l’année 2000. Si « Ooh la la » est terriblement efficace, ne vous laissez pas avoir par ses faux airs de simplicité. Encore sexy, voire chic selon le duo, je suis tombé amoureux dès le premier regard. Et un certain Daniel Miller est, lui aussi, venu poser sa griffe à l’ouvrage de l’un des duos les plus intéressants des années 2000.

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goldfrapp-seventh-treeSeventh Tree semble être un album sage, plus mûr, plus mature. L’image, plus ou moins cachée derrière le disque, d’une femme nue, à la tête de hibou et au sexe mis en évidence, contredit vite cet a priori. Mais il est vrai qu’en 2008, avec son quatrième album déjà, Goldfrapp semblait ne plus rien avoir à dire de nouveau. Cet album fera taire tout le monde : la recette est la même, c’est-à-dire qu’on garde l’identité du duo, mais on laisse le temps faire évoluer la musique. Au final, Seventh Tree est peut-être le premier album de Goldfrapp entièrement égal, comprenez que c’est le plus aboutit, le plus personnel aussi, le plus assumé. Et l’aide à la production d’un certain Flood n’a pu que s’y ajouter, Adrian Utley étant lui aussi de la partie (encore une fois, même si de façon très discrète, comme c’était déjà le cas sur Supernature ou Felt Mountain).

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Goldfrapp Head FirstParadoxalement, et malheureusement, Head First frappe également dans le mil, puisqu’il s’agit d’une sorte de revival des années 80 tout à fait réussi. Je disais malheureusement car il n’y a pas grand-chose d’intéressant dans cette démarche, musicalement parlant bien sûr.
Malgré tout, c’est très bien écrit, cela s’approche même de la perfection sur « Dreaming », le sommet du disque sur lequel il y a une involontaire résonance avec un fameux album de French touch sorti en 2001. Goldfrapp arriverait donc avec presque dix ans de retard ? Pas forcément, et là n’est pas le problème.
Head First ne contient que neuf titres, et seuls deux ou trois sortent du lot : c’est-à-dire que le duo n’est pas percutant sur la grande majorité de l’album. C’est assez plat, même si plaisant à écouter. Encore faut-il admettre que la voix d’Alison Goldfrapp rattrape l’ensemble, l’empêche de tomber dans l’oubli total. Et l’on comprend mieux pourquoi le groupe a choisi de porter son nom. D’ailleurs, la comme toujours très réussie photo de couverture est le deuxième sommet du disque. Et il n’y en aura pas d’autres. […] Lire la suite

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Goldfrapp {Tales Of Us}Quelle surprise !
Bien sûr, je l’avais pressentie lors de la sortie de The Singles avec ses deux inédits, véritables moments de joie suite à un très mitigé Headfirst, le cinquième album du duo étant pour moi leur seul égarement discographique à ce jour.
Ainsi, même pressentie, le bonheur d’entendre de si bons morceaux est une grande surprise. Car je ne m’attendais au mieux qu’à un bon album, qui me ferait oublier le précédent album.
Plus que me faire oublier leur précédent album donc, Tales Of Us va plus loin en me rappelant tout simplement le meilleur de Goldfrapp. Felt Mountain en particulier. Mais pas que. En effet, le retour en arrière se fait plus diffus, car si le premier album du duo anglais est d’évidence présent ici, il y a aussi de très fortes résonances de Seventh Tree, que je réécoute depuis avec un nouveau plaisir car d’une oreille nouvelle. De telle façon que je pourrais, pour faire court, résumer ce nouvel album studio en vous disant qu’il s’agit d’une sorte de mélange parfait de Felt Mountain et Seventh Tree, qui vivrait dès lors en parfaite symbiose. […] Lire la suite

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Le septième opus de Goldfrapp sera de toute évidence très différent du dernier, et j’ai hâte d’entendre vers quoi le duo a voulu aller pour, comme ils l’ont annoncé, refaire quelque chose d’entièrement nouveau. Quel que soit le résultat, voilà déjà une très belle carrière pour ce groupe à la personnalité aussi forte qu’originale. Et il ne faut pas oublier l’importance de l’homme de l’ombre, Will Gregory.

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(in heepro.wordpress.com, le 21/02/2017)

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