Juana Molina ‘ Halo

Juana Molina {Halo}Attention, la musique de cette Argentine est très trompeuse. Une première écoute distraite pourrait laisser croire à un ensemble bien trop homogène, ou, pire, à une impression de déjà-vu pour ceux qui connaissent par exemple son précédent album sorti en 2013, Wed 21. Quelle erreur !

Enregistré et mixé principalement chez elle et par elle, Juana Molina, en plus de chanter, joue de la guitare, de la basse, du clavier, du synthé, s’est occupé de la programmation et du choix d’échantillons. Bien sûr, d’autres artistes et professionnels l’ont accompagnée dans la réalisation de Halo, ne serait-ce que le fidèle Eduardo Bergallo. De même, l’artwork a une nouvelle fois été conçue (est-ce vraiment le bon terme ?) à Alejandro Ros (j’adore les os de l’intérieur du livret – qui est en quatre parties – et, en premier lieu, celui qui figure sur le CD !)

Artistiquement, avouons-le tout de suite, les comparaisons sont très difficiles. En effet, parce que Juana Molina a réussi à se frayer un chemin d’abord, puis à se faire reconnaître au niveau international tout en chantant dans sa langue, et cela fait un bien fou d’entendre une artiste ne pas se forcer à la facilité de passer vers la langue la plus utilisée, à juste titre cependant.

Comme toujours, dès le premier titre « Paraguaya » la tonalité est donnée. De toute évidence, Halo sera moins hermétique aux premiers abords que Wed 21. Ensuite, « Sin dones » montre une Juana Molina très musicale, presque festive même. Après la petite accalmie « Lentísimo halo », le rythme s’accélère de plus belle avec « In the lassa », lequel est lui-même remplacé par un « Cosoco » frénétique !

Nouvelle pause avec le contemplatif « Cálculos y oráculos », puis retour à des sonorités plus vivantes sur « Los pies helados », avant l’électrisant « A00 B01 ». L’un des moments les plus frénétiques (bis) est « Cara de espejo », tempéré par « Andó » et ses sonorités très cliquetantes (à bon entendeur).

Presque en fin d’album, « Estalacticas » est lancinant à souhait avec sa basse et sa guitare inamovibles. Le final extatique-contrôlé (si, c’est possible) fera vraisemblablement fureur en live ! « Al oeste » est lui aussi envahie par une guitare, mais l’extase a laissé entièrement place au selfcontrol.

Mon avis est simple : il m’avait fallu persévéré – en vain – pour entrer dans l’univers de Juana Molina, mais ce n’est qu’avec Wed 21 que j’y suis parvenu, mais bien après l’avoir acheté et découvert tant il était opaque. Cette fois-ci, alors que j’ai semble-t-il apprivoisé cette artiste, Halo me percute de plein fouet.

En conclusion, je dirais juste : Juana, ne change pas, ne change rien, nous avons besoin d’artistes comme toi, nous avons besoin de toi.

(in heepro.wordpress.com, le 26/05/2017)

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Voir aussi :

juana-molina-wed-21

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