La genèse de ‘Contrepoint’ de Nicolas Godin

Nicolas Godin {Contrepoint photograph}Retour sur un album qui mérite, pour les mélomanes mais aussi pour les simples curieux, quelques petites explications quant à son processus de création.
« Pendant ma quatrième tournée mondiale avec Air, j’ai fait le constat suivant : la musique n’occupait plus qu’une très petite partie de mon quotidien. J’étais devenu ce que Glenn Gould appelait ‘‘a travelling monkey in the concert circus’’… »
Voici comment Nicolas Godin introduite la naissance de l’idée ayant permis la réalisation de Contrepoint.
Tout est donc parti de Johann Sebastian Bach, dont les compositions hantent chacun des huit morceaux de l’album. Pour autant, il ne s’agit pas de simples reprises ou réinterprétations.
« Dans un premier temps il a fallu sélectionner un nombre limité de morceaux de Bach tout en proposant un éventail assez large […]
Suivant la tonalité de la fugue ou du prélude envisagé, Bach fournissait à certains endroits précis de la partition des clés pour ouvrir la porte d’un univers particulier […] Je décidais donc de ne retenir que ces quelques mesures stratégiques comme pivots […]
C’est-à-dire en faisant correspondre la partition de Bach et ses ramifications à travers le temps : […] Mario, Zelda […], les grands slows pop à la Beatles […], le jazz sous toutes ses formes […], la bossa nova, la musique de film […] sans oublier mes expériences à travers Air dans la musique électronique depuis quinze ans.
De fil en aiguille, les partitions de Bach devenaient de moins en moins reconnaissables mais toute l’histoire de la musique défilait comme par magie […]. »
On l’aura compris, il s’agit autant d’un hommage à l’un des plus grand noms de l’histoire de la musique que d’une volonté personnelle d’ajouter une pierre à l’édifice. Id est, Nicolas Godin sait qu’il n’est plus un petit nouveau, comme au temps de la French touch il y a bientôt vingt ans. Dès lors, il se doit, d’après lui, et je partage son point de vue, « d’essayer de résoudre l’énigme de la musique elle-même ».
Il s’agit, à partir de là, d’une nouvelle étape pour l’artiste français, et l’on comprend d’autant mieux son besoin de s’éloigner, de temps à autres, de sa moitié Jean-Benoît Dunckel. Par exemple, pour se laisser aller à ses influences, de Glenn Gould à Miles Davis, Dave Brubeck, Gil Evans sans oublier Ennio Morricone ou Danny Elfman.
Dans tous les cas, Air n’a pas fini de résonner, en duo ou en solo.

N.B. Parmi les artistes ayant collaboré à Contrepoint, on retrouve : le Brésilien Marcelo Camelo au chant et à la guitare (sur « Clara », dont il a écrit les paroles), la chanteuse Flavia Eusepi qui interprète des paroles d’Alessandro Barrico (sur « Quei due ») et, surprise, Gordon Tracks, de son vrai nom Thomas Mars, du groupe Phœnix aux côtés d’une autre artiste française, Dorothée de Koon, tous deux interprétant des textes de Georg Christian Lehms qui avaient servi à Bach pour ses cantates, ici la cantate « Widerstehe doch der sünde BMW54 » sur le morceau éponyme.

 

(in heepro.wordpress.com, le 20/01/2016)

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Voir :

Air {Music For Museum}

Nicolas Godin {Contrepoint}

 

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