Amon Tobin so far : 1996-2012

Le Brésilien Amon Tobin a beau se reposer depuis quelques années, que ce soit sous son propre nom ou avec son projet Two Fingers, il demeure l’un des plus grands noms de la scène électro du tournant des années 2000, en particulier entre 1997 et 2002. Pour autant, et quoi qu’on dise de son évolution personnelle, chaque fois plus froide, glacée, se détournant peu à peu de la folie de son Brésil d’origine, de la samba, de la bossa nova, mais aussi du jazz, de la musique de film…

En attendant un nouvel album du Carioca, qui succéderait donc à ISAM qui remonte déjà à 2011, petit retour une dizaine d’albums sur une carrière très florissante et qui doit faire un paquet d’envieux, davantage en Europe ou en Amérique du nord que chez lui encore.

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Cujo Adventures In FoamOriginellement sorti en 1996 par un tout petit label londonien, Ninebar, Adventures In Foam peut être considéré comme le véritable premier album d’Amon Tobin, lorsque l’artiste s’appelait Cujo, c’est-à-dire avant de signer chez Ninja Tune. C’est donc Ninja Tune qui réédite, pour nous, Adventures In Foam, en l’agrémentant d’un second disque. Vingt morceaux, soit six bonus par rapport à l’édition de 1996. […] Lire la suite

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Amon Tobin BricolageJe me rappelle d’un ami me disant, aux premières notes de Permutation : « Wouaw, c’est quoi ça ? ». Malheureusement pour lui, il pensait que c’était un groupe de jazz. Il était alors encore réfractaire à tout ce qui est électronique ou utilisation de samples. Comme beaucoup dans le monde du rock en général, dans celui de l’indé en particulier.

Ensuite, ce disque est entièrement instrumental et l’ambiance générale de l’album est plutôt grise. Il ne s’agit pas là de faire la fête, bien que l’artiste soit brésilien.

D’ailleurs, on entend beaucoup d’influences de son pays natale, qu’il a quitté à ses dix-huit ans pour Londres. La samba, la bossa nova, ainsi que le jazz donc. Mais aussi, la drum’n’bass. En effet, de temps à autres, ça part dans tous les sens : mais l’ensemble reste toujours maîtrisé. […] Lire la suite

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Amon Tobin PermutationAinsi, Permutation est le tout premier disque que j’écouterai de lui, en 2003, découvrant ainsi un artiste qui deviendra et demeure l’une de mes références, malgré une évolution qui aujourd’hui et surtout depuis Out From Out Where en déroute plus d’un.

« Like regular chickens » est un titre très tobinien, avec des teintes de films années 30, de la chaleur, et de la drum’n’bass ou, plus précisément, du beat’n’drum propre à ce qui caractérise alors la musique de Tobin.[…] Lire la suite

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amon-tobin-supermodifiedSupermodified, le troisième album sorti sur Ninja Tune (mais le quatrième avec Cujo, que Ninja Tune rééditera en version double ), prolonge les bidouillages en tout genre du Brésilien.

En ressortir un seul titre qui permettrait d’en saisir l’univers serait, non impossible, mais tout à fait réducteur et dès lors insignifiant. On notera néanmoins que, au beau milieu de cet univers ultra sonore et amplement musical, « Deo » repose avec sa guitare, de même que la présence vocale de Quadraceptor sur « Precursor » impose un break en plein cœur d’un album vivant, rigoureux, et tellement jouissif jusqu’à sa dernière note.

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amon-tobin-out-from-out-whereEn 2002, Out From Out Where est le quatrième album d’Amon Tobin, mais le cinquième en comptant Cujo, que Ninja Tune réédite en version double également en cette même année, très sûrement suite au succès critique immense de Tobin. On notera d’entrée, une fois encore, une présence vocale, celle de l’artiste MC Decimal R. sur le single « Verbal », dont la vidéo a carrément été incluse dans le disque.

Faut-il y voir un signe annonciateur, le logo Amon Tobin a été modifiée, et Out From Out Where initie une nouvelle voie en parfaite logique avec son prédécesseur, vois dans laquelle le Brésilien est, enfin, depuis sa demeure à Montréal, un artiste à part entière, un artiste dont la musique est définitivement devenue électronique et pour laquelle le Brésil semble n’être plus qu’un (tout proche) background. Malgré l’évolution, en marche, voici encore une fois un énorme disque d’Amon Tobin.

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amon-tobin-chaos-theoryFort de son succès critique, qui lui vaut une reconnaissance incroyable pour un artiste électro, Ubisoft a demandé à Amon Tobin de plancher sur la bande originale d’un succès commercial du jeu vidéo, Tom Clancy’s Splinter Cell : Chaos Theory. Si les premières écoutes déroutent un peu, notamment parce que, logiquement, il y a des récurrences, un leitmotiv, l’album Chaos Theory recelle une superbe musique, par essence envoûtante, et à laquelle ont participé tout une multitude d’artistes japonais, italiens, mexicains : le flûtiste Eiji Myake, les frères Massimo et Umberto Modugno ou encore le bassiste Nacho Méndez, tous dirigés par notre chef d’orchestre Amon Adonai Santos de Araujo Tobin.

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amon-tobin-foley-roomCôté musique, si vous connaissez ses albums studios, vous ne serez que très légèrement dépaysés. Et si, en plus, vous avez déjà écouté son live Solid Steel ou, mieux, vu un de ses concerts, alors vous vous sentirez chez vous : mettez le son bien fort ! Pour tous les autres, sachez qu’Amon Tobin propose ici l’un des concerts donnés suite à la sortie de son album Foley Room dans lequel il avait lui-même créé ses propres samples. D’où la présence de sept morceaux de ce dernier : dans l’ordre, « Horsefish », « Esther’s », « Kitchen sink », « Big furry head », « Foley room », « Straight psyche » et « Keep your distance ». Sinon, le seul titre sorti d’un autre album est « Verbal ». Il y a ensuite quelques inédits, « In the dark » en ouverture, et un certain « White label ». Evidemment, tous sont ici plus ou moins reconnaissables, tant ils sont triturés, mixés, accélérés… En effet, ce Foley Room Recorded Live In Brussels, en plus de bien porter son nom, comporte des titres et échantillons d’autres artistes (Amon Tobin est un très grand dj, et il le prouve haut la main). Entre autres, pour citer les plus connus, Autechre, Spank Rock ou Kelis. Pendant exactement 77 minutes, vous entendrez Foley Room – auquel il manque l’ouverture « Bloodstone en collaboration avec Kronos Quartet – dans une version complètement décomposée, avec des parties carrément drum’n’bass. […] Lire la suite

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two-fingers-two-fingersCinq mois après l’album éponyme Two Fingers, Amon Tobin et DoubleClick ont décidé de sortir une version instrumentale de leur collaboration, à laquelle avait notamment participée le rappeur Sway. Ce dernier figure ainsi aux abonnés absents sur Instrumentals.

Cette particularité offre une nouvelle écoute possible à tous ceux qui auraient été déçus par la version initiale : j’en fais partie, sans pour autant trouver que ça soit mauvais. Par contre, avouons que si les fans de Tobin sont déçus, ils oublient un peu trop vite que Big Dada a sorti le disque : c’est-à-dire, la branche hip-hop de Ninja tune.

Sans les voix, le travail d’Amon Tobin (pardon pour DoubleClick que je ne connais pas, mais je me concentrerai sur le Brésilien…) prend plus de volume, même s’il reste évident que Instrumentals ne doit pas être totalement déconnecté de l’oeuvre de départ.
Alors, quelles sont les sept différences ? […] Lire la suite

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amon-tobin-isamL’attente aura été plus ou moins longue depuis Foley Room qui avait ouvert un nouveau concept, dont ISAM semble être une nouvelle page. Plus ou moins longue selon que vous avez ou non suivi Amon Tobin via son site (ou les réseaux sociaux, bien sûr). Si c’est le cas, le processus de création d’ISAM ne sera pas une découverte, encore moins une surprise. D’autant plus qu’il s’inscrit, je trouve, directement dans la lignée de Foley Room, donc, mais aussi de la B.O de Splinter Cell 3 (précédemment citée).

Aujourd’hui, nous le savons tous, le rapport à la musique a presque totalement changé depuis l’arrivée de l’Internet. Il n’y a qu’à voir comment Tobin lui-même a changé sa façon de livrer sa musique, de la promouvoir (son site ne cesse d’être en constante évolution, ou révolution même puisqu’il en change à chaque nouvel album). Ce 23 mai, date de sortie officielle d’ISAM, l’album est donc arrivé chez les disquaires et sur Internet sous tous les formats actuellement en vogue : toujours le CD, évidemment en version digitale (mp3), ainsi qu’en vinyl puisque ce dernier ne cesse de regagner chaque année plus de jalons (il s’adresse essentiellement aux collectionneurs, amateurs de beaux objets ou simples fétichistes). À cela, sachez qu’il existe une version dite « coffret », qui inclut l’album dans un beau livre (25×17) qui collecte vingt photos de la photographe Tessa Farmer, le tout intitulé Control Over Nature et introduit par un court essai de John Doran (publié en mars 2011). À noter que les photos d’illustration en couverture du CD, du livre ainsi que celle accompagnant la version digitale diffèrent. […] Lire la suite

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Two Fingers {Stunt Rhythms}Stunt Rhythms, le second album de Two Fingers, à l’origine un duo entre Amon Tobin et Doubleclick mais désormais un projet solo du Brésilien sans savoir pour quelles raisons, propose plus ou moins la même recette – Peedi Crakk, Chinko da Great, Lady Pharroh et Brefontaine viennent poser leurs voix – que le premier sorti en 2009, l’éponyme Two Fingers, qui a mon goût péchait par ambitions démesurées ; pour cette raison, probablement, le duo avait réalisé quelques mois plus tard seulement une version uniquement instrumentale de ce même premier album, logiquement intitulé Instrumentals. […] Lire la suite

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Bien sûr, depuis 2012, Amon Tobin a sorti, entre autres, un coffret ultra collector (vinyles, CDs et DVD) et l’EP Dark Jovian, ou encore l’EP Six Rhythms sous son pseudo Two Fingers. pour autant, le digne successeur d’ISAM se fait urgemment attendre, je dirais même espéré car, en fin de compte, rien ne dit qu’Amon Tobin souhaite à nouveau sortir un nouvel album sous sa forme classique, mais peut-être simplement des petits projets, divers et variés, sans compromettre sa musicalité et son inventivité. Mais moi, j’espère quand même ce nouvel album… à moins qu’il ne préfère se concentrer sur des projets artisitiques, comme ce fut le cas il n’y a pas si longtemps avec l’Indien Anish Kapoor.

(in heepro.wordpress.com, le 28/10/2016)

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